Chaque 28 mai est consacré à la célébration de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Cette journée nous concerne tous sans distinction de sexe, d’âge, de race, de situation géographique et de religion. Pourtant au Burkina Faso, parler des menstrues est toujours un sujet tabou. Cette difficulté à parler des menstrues en général et en particulier des comportements à adopter pour une bonne hygiène menstruelle freine l’avancée de nombreux efforts qui sont faits au quotidien pour l’égalité des genres.

La menstruation est un processus biologique naturel et normal qui témoigne d’une bonne santé reproductive de la femme. Elle ne doit pas être perçue comme un phénomène qui dégage une aura négative, de la peur, de la honte et de la gêne. C’est ainsi que cette journée mondiale de l’hygiène menstruelle se veut être une occasion de briser les tabous sur la menstruation, de sensibiliser et engager une conversation sur la thématique. Elle a pour but également d’interpeller les différents acteurs et décideurs clés sur la précarité menstruelle. 

Parmi les Objectifs du Développement Durable (ODD), l’ODD 6 « Eau propre et assainissement » vise à assurer la disponibilité et la gestion durable de l’eau potable et de l’assainissement, et un des buts précis implique de donner accès aux femmes et aux filles à des installations sanitaires et à des mesures d’hygiène adéquates d’ici 2030. Il est donc indispensable d’aligner la thématique de l’hygiène menstruelle comme une priorité de santé publique. 

Pour dynamiser la célébration de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle et apporter notre contribution dans la lutte, nous organisons incessamment des évènements. En guise d’exemples, nous pouvons citer les campagnes digitales, les causeries éducatives, les formations sur la confection des serviettes hygiéniques réutilisables, des plaidoyers, des activités de mobilisation de ressource personnelles pour doter des serviettes hygiéniques réutilisables aux jeunes filles et femmes vulnérables. 

Toutes ces actions traduisent notre vision : « celle de créer un monde dans lequel toutes les jeunes filles et femmes sont épanouies ». Aussi ces actions ont pour but de :

Le 24 mai de cette année, nous avons lancé une campagne digitale sur nos réseaux de communication. Aussi, le samedi 28 mai, nous avons tenu une discussion sur les menstrues de façon générale et les mythes autours de la thématique. Cette discussion a réuni plus d’une vingtaine de nos membres et prendra fin par une séance aérobic pour dénoncer les nombreuses difficultés auxquelles les jeunes filles et femmes sont confrontées pendant leurs menstrues.

Ne restez pas en marge, nous devons toutes et tous briser les tabous autour de la santé et de la gestion de l’hygiène menstruelle, alors engagez-vous également à nos côtés !


Par Farida Tiemtore, Présidente des Héroïnes du Faso et récipiendaire du Fonds Voix EssentiELLES.

À Dakar, au Sénégal, l’organisation à but non lucratif Speak Up Africa rassemble partenaires pour célébrer les multiples actrices et acteurs du développement et célébrer la journée mondiale de l’Afrique.

Presqu’un an après le lancement de la campagne des LeadHERs d’Afrique (African LeadHERs en anglais), qui vise à promouvoir et amplifier les voix et actions de femmes africaines, provenant de tous les secteurs de la société, qui œuvrent au quotidien pour l’égalité femme-homme, et l’organisation du tout premier Forum des LeadHERs d’Afrique, en mars 2022, Speak Up Africa lance son podcast des LeadHERs d’Afrique en collaboration avec Entre-Elles, une plateforme d’expression et de partage créée par Tombany Kouloufoua.

 » C’est une immense fierté pour le podcast Entre-Elles de collaborer avec Speak Up Africa dans le cadre du lancement de la série de podcasts des LeadHers d’Afrique. L’amplification de la voix des femmes du monde est au coeur de la mission d’Entre-Elles et nous nous réjouissons de pouvoir célébrer Africa Day aux côtés des LeadHers africaines d’aujourd’hui et de demain. « 

Tombany Kouloufoua, fondatrice d’Entre-Elles

Les six premiers épisodes du podcast mettront en avant les profils et actions des participantes de l’initiative Voix EssentiELLES et qui vise à soutenir les femmes et les jeunes filles, dans toute leur diversité, en favorisant un engagement significatif dans les espaces et les processus de prise de décision qui influe sur les politiques et les programmes de santé. À l’occasion du lancement du podcast, la slameuse Sénégalaise Samira Fall s’est emparée du sujet et a développé un récital audio sur l’importance des voix féminines dans l’espace public. Ce texte fait écho au  manifesto du Forum des LeadHERs D’Afrique auquel Ysaora Thibus, escrimeuse et médaillée olympique française, Diandra Tchouatchang, basketteuse et médaillée olympique française et Badgyalcassie, chorégraphe et influenceuse ont contribuées.

 » Le Forum des LeadHERs d’Afrique est une très belle plateforme qui nous permet, à nous athlètes de haut niveau, de partager nos expériences avec un accent sur la transmission et le tout dans un esprit de sororité. J’y ai fait de très belles rencontres, à l’image des récipiendaires de l’initiative Voix essentiELLES, qui m’ont énormément inspirée. Ces discussions m’ont changé et je suis persuadée qu’en nous réappropriant le narratif, nous pourrons briser les préjugés. « 

Yasora Thibus dans son interview lors du Forum

Ce 25 mai, Speak Up Africa a également remis à l’Union sportive de Ouakam un chèque d’un million de FCFA, émanent des Fonds attribués à l’organisation lors de la cérémonie des Sport Impact Award, toute première organisée par Sport Impact. En mars 2022, Speak Up Africa a reçu le Prix du Jury pour l’impact de l’activité organisée en janvier 2021 lors de la célébration de la Journée mondiale des maladies tropicales négligées (MTN). Ce jour-là, Speak Up Africa, en collaboration avec l’agence Yard, le ministère de la Santé et de l’Action sociale et les principaux partenaires de la lutte contre MTN, a organisé la réalisation d’une fresque participative sur le terrain de l’US Ouakam, au pied du monument de la Renaissance, ainsi que la réalisation des portraits de Sadio Mané, Omar Sy, Issa Rae et Tacko Fall. L’activation a généré plus de 10 millions d’impressions sur les réseaux sociaux grâce à l’engagement des influenceurs Observateur et Fatou Guinée et à la viralité du contenu.

 » Nous avons été ravies de recevoir le Prix du Jury de la part de Sport en commun, qui magnifie le travail de Speak Up Africa dans le domaine du sport et de l’influence, et nous sommes aujourd’hui enchantées de continuer notre collaboration avec l’US Ouakam pour leur permettre de solidifier leurs activités et de créer un environnement attractif pour le sport féminin dans les communautés. Le Sommet de Kigali sur les MTN et le paludisme se déroulera le mois prochain au Rwanda et c’est important pour nous de continuer notre action de plaidoyer à travers cette fresque pour que toutes et tous, continuent de dire Non aux MTN ! « 

Yacine Djibo, Directrice exécutive de Speak Up Africa

Cette journée a également permis à Speak Up Africa, en amont de la Journée mondiale de la santé et de l’hygiène menstruelle marquée chaque 28 mai, de remettre à son partenaire de longue date, Special Olympics Sénégal, un lot de 1200 serviettes hygiénique, destinées aux athlètes, vivant avec une déficience intellectuelle, de se protéger au mieux chaque mois, pendant leur cycle menstruel. 

 » Je tiens à remercier Speak Up Africa pour son soutien de nos athlètes féminines à travers cette remise de serviettes hygiéniques. Les menstruations sont une réalité naturelle toutefois les jeunes filles et femmes ayant une déficience intellectuelle ont souvent plus de mal à gérer leurs menstrues avec dignité, et le premier obstacle est l’accès aux outils de gestion. Ces serviettes hygiéniques permettront à nos athlètes de mieux gérer leur menstrues et seront ainsi à même de vivre leur vie plus décemment. « 

Rajah Sy, Directrice de Special Olympics Sénégal

Depuis le 6 avril 2022, la ville de Marseille accueille la 11ème édition de la Conférence AFRAVIH, ou Alliance francophone des acteurs de santé contre le VIH et les infections virales chroniques ou émergentes. Créée en 2009, l’AFRAVIH a pour ambition de rassembler les acteurs professionnels de santé des différentes communautés engagées contre le VIH dans les pays francophones.

Depuis Ouagadougou et Abidjan, Farida Sonia Tiemtore et Pélagie Akoua Kouame ont rejoint la conférence pour mettre en avant l’initiative pilote Voix EssentiELLES, mise en œuvre par Speak Up Africa, une organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer basée à Dakar au Sénégal, et co-financée par le Fonds mondial et la Fondation CHANEL. 

« Nous sommes ravies de rencontrer aujourd’hui les héroïnes qui œuvrent au quotidien et dans leurs communautés respectives pour l’égalité des genres et plus spécifiquement la lutte contre le VIH/Sida et les violences basées sur le genre. Leurs témoignages et leurs voix sont essentielles pour faire avancer nos objectifs communs et renforcer les capacités des organisations dirigées par des femmes et des filles. »

Françoise Vanni, Directrice des relations extérieures et de la communication du Fonds mondial

Voix EssentiELLES vise à soutenir les femmes et les jeunes filles, dans toute leur diversité, en favorisant un engagement significatif dans les espaces et les processus de prise de décision qui influe sur les politiques et les programmes de santé au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. À travers ce pilote, Speak Up Africa et ses partenaires visent à répondre à quatre principaux défis que sont (1) la participation politique et représentation limitées des femmes et des filles dans les espaces décisionnels des politiques et programmes qui attraient à leur santé, (2), les pratiques socioculturelles néfastes profondément enracinées, y compris diverses formes de violence, (3) les ressources insuffisantes et indirectes dédiées aux organisations communautaires dirigées par des femmes et enfin (4) la capacité limitée des petites organisations de base à s’engager dans le plaidoyer.

« Voix EssentiELLES nous permet d’exercer un véritable plaidoyer, à notre échelle et dans nos communautés, surtout à l’endroit des femmes et des jeunes, qui sont pour moi les piliers de notre développement. Nous pouvons éliminer le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, mais pour cela nous avons besoin d’une solidarité collective dont l’écho raisonnerai au-delà des frontières. Du Burkina à Abidjan en passant par Dakar, nous luttons pour ce qui compte, et nous souhaitons vivement une mise à l’échelle de ce projet dans toute la sous-région. »

Farida Sonia Tiemtore, Fondatrice et Présidente des Héroïnes du Faso

Parce que la voix, la prise de décision et le leadership sont considérés comme des facteurs importants de l’autonomisation des femmes, l’association des Héroïnes du Faso œuvre pour le bien être des femmes au pays des hommes (et femmes) intègres. Elle a pour but de faire la promotion du respect des droits de la santé sexuelle et reproductive des femmes, l’engagement social, l’éducation et l’autonomisation des femmes. À travers l’initiative pilote Voix EssentiELLES, à laquelle elle participe, un fonds catalytique de 170 millions CFA a ainsi été créé pour soutenir des organisations de femmes et de filles sélectionnées avec des objectifs réalisables et limités dans le temps. 

« Nous avons des objectifs de développement durable communs, objectifs pour lesquels nous œuvrons tous sans relâche en matière de santé mondiale. Pour les atteindre, il nous faut également penser et soutenir les objectifs des femmes et des filles à l’échelle communautaire. Les écouter, les soutenir et les financer, car leurs solutions et leurs actions doivent constituer notre ligne directrice pour l’élaboration de nos stratégies et plans d’actions. »

Stéphanie Seydoux, Ambassadrice pour la Santé mondiale de la France

En septembre prochain, le Fonds mondial organisera la 7ème Conférence de reconstitution de ses ressources où au moins 18 milliards de dollars seront nécessaires pour lutter contre le VIH, la tuberculose et le paludisme et également renforcer les systèmes de santé. Depuis sa création, le Fonds mondial a investi plus de 53 milliards de dollars US, sauvé 44 millions de vies et abaissé le taux de mortalité combiné des trois maladies de plus de la moitié dans les pays où il investit. En 2022, nous avons besoin d’un nouvel élan de solidarité et de leadership à l’échelle mondiale.

« Les financements alloués par le Fonds mondial sont cruciaux pour le bien-être de nos communautés. Les intrants et les médicaments qui nous permettent de lutter contre le VIH/Sida au jour le jour, sauvent des vies. En plus de ces intrants, nous avons besoin de soutien pour mener nos activités au quotidien auprès des femmes et des travailleuses du sexe. Voix EssentiELLES est une initiative qui nous finance directement et nous aide à mener à bien nos activités, les financements de l’initiative sont donc plus qu’essentiels pour nous et nos bénéficiaires. »

Pélagie Akoua Kouame, Fondatrice et Directrice de COVIE en Côte d’Ivoire

En définitive, la santé communautaire est critique pour atteindre l’égalité des genres et mettre fin aux violences basées sur le genre. Pour se faire, des partenariats publics-privés innovants sont plus que nécessaires afin de donner la parole, la place et les outils nécessaires aux organisations qui œuvrent au quotidien auprès et en faveur des personnes les plus vulnérables dans nos sociétés, les femmes et les filles dans toute leur diversité. Nous devons changer le narratif, changer le paradigme et changer les comportements mais surtout, lutter pour ce qui compte.

Marseille, le 7 avril 2022

Ouagadougou, Abidjan et Dakar, 10 mars, 2022 – En marge du Forum Génération Égalité de juin 2021, Speak Up Africa a lancé son initiative « African LeadHERs » qui vise à promouvoir et amplifier les voix et les actions des femmes et des filles africaines qui luttent en faveur de l’égalité hommes-femmes. African LeadHERs encourage un nouvel état d’esprit qui consiste à réfléchir et agir de manière créative afin de faire bouger les choses, en innovant et incluant les femmes et des filles dans les espaces décisionnels afin de parvenir à un monde plus juste et plus équitable. 

Pour commémorer la Journée internationale de la femme, Speak Up Africa a organisé son tout premier forum African LeadHERs. L’événement a eu lieu les 7 et 8 mars et a rassemblé plus de 260 participants en ligne et en personne au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, dont 26 experts et champions, dans le cadre de six activations. Au cours de la première journée, le forum s’est concentré sur Voix EssentiELLES, une initiative lancée par Speak Up Africa en 2021 et cofinancée par le Fonds mondial et la Fondation CHANEL. Par le biais de cette initiative, des organisations à base communautaire dirigées par des femmes peuvent obtenir une subvention d’un montant maximum de 10 000 USD ou d’un maximum de 5 millions XOF pour les entités ou les leaders de l’organisation. 

« Nous remercions sincèrement les organisations comme Speak Up Africa, qui nous soutiennent en nous apportant des financements, un soutien technique et des moyens de renforcer nos capacités comme par le biais de l’atelier de récits ».

Fatimata Sy, présidente de l’Association sénégalaise pour l’avenir des femmes et des enfants (ASAFE) et bénéficiaire du fonds Voix Essentielles au Sénégal.

Le coût de la discrimination et de l’inégalité entre les sexes a de multiples ramifications. Les taux élevés de discrimination fondée sur le genre s’accompagnent souvent de pourcentages plus élevés de violations des droits humains, telles que les mutilations génitales féminines (MGF) et les violences basées sur le genre. L’UNICEF estime que les mutilations génitales féminines, qui constituent une violation systématique des droits à l’intégrité physique d’une personne, ont touché 200 millions de femmes dans trente pays.

L’alphabétisme financier est un autre défi auquel de nombreuses sociétés sont confrontées. Encourager l’alphabétisme financier permet de réduire le nombre de personnes non bancarisées, ce qui contribue à l’autonomisation des femmes en les mettant sur la voie de l’indépendance financière. De plus, l’alphabétisme financier peut contribuer à renforcer l’autonomie des femmes et des mères, en retardant l’âge auquel on marie les filles. Souvent, les filles sont poussées à abandonner l’école et à se marier très jeunes, et sont dissuadées de poursuivre leurs études. En Côte d’Ivoire, l’atelier Voix Essentielles s’est concentré sur le pouvoir de l’inclusion financière des femmes pour briser les préjugés. Cet atelier était facilité par Mariam Djibo, directrice générale d’Advans Côte d’Ivoire, une institution de microfinance, tandis qu’au Burkina Faso, Harouna Drabo, journaliste et vérificateur de faits, a appris aux bénéficiaires du projet le pouvoir de la communication et du récit. La première journée du Forum s’est terminée par une intervention de Nadia Mensah Acogny sur l’art de parler en public, tout en soulignant l’importance de la confiance en soi : « Personne ne sait mieux que vous, parler de vos problèmes et de vos solutions », a-t-elle conclu.

« Autonomiser les femmes est une question de bon sens économique, juridique et moral »

a déclaré Jean-Philbert Nsengimana, directeur général pour l’Afrique du Commons Project, lors de notre conversation en ligne de haut niveau sur l’innovation dirigée par les femmes en Afrique

« Parvenir à une santé durable et à l’égalité entre les sexes sur le continent »

qui a eu lieu le deuxième jour du Forum African LeadHERs. Elle était organisée en partenariat avec la Fédération internationale des fabricants et associations pharmaceutiques (IFPMA), avec laquelle nous avons lancé le Prix des jeunes innovateurs africains en 2020 et le Women Innovators Incubator en septembre 2021. L’incubateur a pour but de combler les lacunes flagrantes en matière d’innovation dirigée par les femmes et de s’attaquer aux obstacles supplémentaires qu’elles doivent surmonter pour faire passer leurs idées commerciales du concept à la mise en œuvre.

Un message récurrent au cours du forum était l’importance de s’approprier ses propres récits, un thème qui revient souvent dans le cadre du travail de Speak Up Africa. Au cours de la deuxième journée du Forum, les discussions ont également porté sur les façons de faire progresser l’intégration de la dimension de genre, tout en mettant en avant la diversité.

« Des initiatives telles que le Forum African LeadHERs contribuent à souligner l’importance des mouvements positifs »,

a fait remarquer Ysaora Thibus escrimeuse et médaillée d’argent olympique de l’équipe 2021, qui s’exprimait sur l’importance de la représentation et du sport pour réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes.

« La plupart du temps, les femmes sont conditionnées à absorber des messages néfastes sur leur place dans la société, tant au travail qu’à la maison. Quels que soient les lieux où elles se présentent, les femmes doivent voir qu’elles sont représentées et qu’elles prennent en main leur destin. »

En 2020, Ysaora a créé Essentielle stories pour renforcer le discours sur les femmes dans le sport en leur offrant une tribune pour s’exprimer et raconter leurs propres histoires. Lors de l’événement final du Forum qui avait pour thème « Sport, leadHERship et influence : le pouvoir de la représentation pour briser les préjugés », Ysaora se trouvait aux côtés de Diandra Tchouatchang, basketteuse française et médaillée d’argent olympique de l’équipe 2021 et de Cassandra Ngbolonga, chorégraphe professionnelle, fondatrice de Beafrika et phénomène Instagram. Le panel et les activités de l’après-midi se sont achevés par la peinture d’une fresque African LeadHERs, sur laquelle les trois femmes ont gravé leur message. Rajah Sy, directrice de Special Olympics Sénégal et Astou Ndiaye, championne WNBA ont également participé aux discussions en présence de 30 jeunes filles et femmes. « Il est important que nous cherchions à célébrer nos différences et que nous les considérions pour ce qu’elles sont : des forces. » a ajouté Rajah Sy.

Au cours du Forum African LeadHERs, Speak Up Africa a lancé sa stratégie en matière de genre et d’inclusion sociale. Elle comprend quatre orientations stratégiques et huit normes opérationnelles définies pour intégrer la dimension de genre, et détaille une approche à plusieurs volets pour apporter des solutions aux problèmes les plus critiques auxquels les populations africaines sont confrontées afin de créer un monde plus équitable.

À l’échelle mondiale, les inégalités entre hommes et femmes et le manque de parité se sont avérés préjudiciables à l’avancement des droits des femmes et de l’égalité. On peut en mesurer le coût en tenant compte de différents paramètres, notamment l’emploi, les opportunités, les moyens de subsistance et les perceptions sociales.

« Il est nécessaire d’agir contre la discrimination, mais aussi d’en faire prendre conscience et de reconnaître qu’elle existe. Nous avons identifié six principes directeurs clés et quatre orientations stratégiques principales qui orientent notre travail de promotion de l’intégration de la dimension de genre »

« Nous avons également établi un cadre de mise en œuvre solide, comprenant huit normes directrices minimums. Établir des objectifs clairs et réalistes permettra de réaliser ce plan et explique l’importance de chaque action. »

Yacine Djibo, fondatrice et directrice exécutive de Speak Up Africa.

Dans le cadre du African LeadHERs Forum et pour marquer la Journée internationale des droits de la femme, Speak Up Africa a réuni des organisations communautaires de l’initiative Voix essentielles à Ouagadougou, Abidjan et Dakar pour briser les préjugés et parvenir à l’égalité des genres.

L’initiative Voix EssentiELLEs a été lancée en 2021 pour avoir un impact positif et amplifier la voix, le leadership et le pouvoir de décision des femmes à différents niveaux. Elle célèbre la diversité des femmes et des filles et les implique activement dans des espaces d’autonomisation mis en place pour aider à lutter contre les conséquences néfastes des préjugés basés sur le genre.

Les préjugés basés sur le genre ont de fortes répercussions sur la carrière et la vie quotidienne des femmes. Dans le cas d’un travail souvent accompli par les femmes, ce travail est socialement sous-évalué. Malheureusement, les femmes sont confrontées à des résultats similaires en matière de discrimination lorsqu’elles effectuent un travail dans des domaines généralement sous-représentés. Ainsi, elles sont confrontées à la discrimination basée sur le genre dans divers domaines – y compris en terme de salaire et de la perception de leur engagement au travail.

En tant qu’organisation de communication stratégique et de plaidoyer, Speak Up Africa se consacre à la promotion du changement de politique et à une plus grande sensibilisation au développement durable, notamment en ce qui concerne le paludisme, les maladies tropicales négligées, l’assainissement et la vaccination. L’organisation s’investit également pour catalyser le leadership, notamment au sein de la population féminine. Pour marquer la Journée internationale des droits de la femme, Speak Up Africa a lancé son tout premier African LeadHERs Forum, ou Forum des LeadHERs d’Afrique en françaisn, afin de célébrer et de promouvoir le leadership, les actions, les voix et les innovations des femmes sur le continent.

Le premier jour du Forum s’est concentré sur l’initiative Voix EssentiELLEs et son « Université de l’ExcELLEnce ». Des sessions en personne et en ligne ont été organisées au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal afin de fournir des plateformes aux voix des communautés, de souligner le pouvoir et la représentation cruciale d ces voix dans les dialogues nationaux, régionaux et mondiaux et de renforcer les capacités de leadership – en matière de communication, d’inclusion financière et de prise de parole en public.

La journée a débuté par une session animée par Harouna Drabo, journaliste et fact-checker au Burkina Faso, défenseur des droits des femmes et récipiendaire du Prix du Leadership Speak Up Africa 2021, à laquelle se sont jointes 23 organisations communautaires en personne. Le thème de la session « Briser les préjugés dans les médias : le pouvoir du storytelling et de la communication » a renforcé l’importance de la voix des femmes dans les médias ainsi que de la réappropriation du narratif.

« Le African LeadHERs Forum est une excellente plateforme pour développer le profil des femmes dans les médias. Notre session et nos discussions ont mis l’accent sur le besoin crucial d’un nouveau narratif qui révélera le plein potentiel des femmes, et surtout, mettra en lumière leurs contributions significatives au développement global de l’Afrique », a commenté Harouna Drabo.

En Côte d’Ivoire, la session consacrée à l’inclusion financière a été animée par Mariam Djibo, Directrice générale d’Advans Côte d’Ivoire et le Dr Emma Angoua, Présidente de la Plateforme mondiale des femmes entrepreneurs en Côte d’Ivoire. « En Côte d’Ivoire, 9 millions de femmes participent activement à l’économie du pays, mais seulement 1 million d’entre elles ont un compte bancaire. Fournir des services financiers à ces femmes est une étape cruciale pour leur autonomisation financière et générale » a ajouté Mariam Djibo.

La première journée du Forum s’est terminée par une session avec Nadia Mensah-Acogny, Directrice des opérations chez Acosphere. Rejoint par plus de 20 OSC et invités spéciales, dont Diandra Tchatchouang, joueuse de basket-ball française et gagnante de la médaille de bronze avec l’équipe de France lors des derniers jeux olympiques de Tokyo, Ysaora Thibus, escrimeuse, trois fois championne olympique et gagnante d’une médaille d’argent avec l’équipe de France à Tokyo, ainsi que Cassie Ngbolonga, chorégraphe et influenceuse originaire de la République centrafricaine. Lors de la session sur le pouvoir de la parole et la prise de parole en public, Nadia Mensah Acogny a souligné : « Prendre la parole, c’est prendre le pouvoir. Mais le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. Maîtriser l’art de la parole nous permet de transformer le regard que les autres portent sur nous, de briser les préjugés, de réécrire l’histoire et d’écrire notre avenir. »

Actuellement, les femmes sont fortement dissuadées d’assumer un rôle de leadership. Que ce soit sur le plan culturel ou économique, dans de nombreux pays, les normes culturelles tendent à privilégier la présence des femmes au foyer. Parallèlement, les jeunes filles sont souvent poussées à se marier tôt et découragées d’aller à l’école. Ces attitudes culturelles influencent donc les normes sociales et contribuent au nombre relativement faible de filles et de femmes dans les entreprises, nombre qui semble diminuer en fonction du poste dans l’entreprise.

Celles-ci ont des incidences tant sur le plan économique que sur celui de la santé publique, le manque d’éducation, de connaissances, d’émancipation et d’indépendance financière entraînant souvent une dégradation de la santé des femmes et des filles, notamment en ce qui concerne la santé maternelle, natale et sexuelle. En outre, les virus transmissibles par la communauté et d’autres grandes maladies de santé publique comme le paludisme, le VIH et la malaria sont un fléau persistant sous certains climats.

« À travers Voix EssentiELLEs, une partie de notre mission est de contribuer à briser ce préjugé », conclut Yacine Djibo, directrice exécutive de Speak Up Africa. « Cela implique la création d’un mouvement positif qui permet aux femmes non seulement de se voir représentées dans n’importe quelle pièce où elles entrent – mais aussi de participer de manière significative aux espaces de décision qui affectent leur santé. »

Ouagadougou, Abidjan, Dakar, Sénégal, 8 mars 2022
« La place des femmes est à la cuisine ». Ce préjugé à lui seul conteste à la femme la part contributive qu’elle peut apporter à la société en tant que membre à part entière de celle-ci. Et c’est ce contre quoi se bat Bénédicte Baillou, militante burkinabè des droits de la femme et coordinatrice du mouvement citoyen Femin-in, une association de promotion et de défense des droits des femmes créée en 2019 au Burkina Faso. Bénédicte et ses camarades agissent pour l’égalité genre et une présence renforcée des femmes dans les sphères décisionnelles. Elles font siennes le dicton : « les décisions qui sont prises sans nous pour nous, sont prises contre nous ».

Mousso News : Pourquoi avoir créé le mouvement citoyen Femin-in ? 

 Bénédicte Baillou : Nous avons créé ce mouvement parce que nous avons à cœur de contribuer à réduire les inégalités sociales avec une approche féministe. Nous croyons que pour changer la perception de la femme dans la société, il est primordial de mettre les mots sur les tares patriarcales dont sont victimes les femmes.

Au Burkina Faso, plusieurs préjugés sur les femmes émergent dans le débat public, quelles sont les actions spécifiques de votre organisation pour briser ces perceptions ? 

Déjà pour nous, il faut changer le narratif donc dans ce sens nous faisons de la sensibilisation grâce aux réseaux sociaux, ensuite nous faisons de la formation et de l’information parce que plus les filles et les femmes seront formées, mieux elles pourront participer à changer les choses.

02 ans de Femin-in, 02 ans d’actions dans le plaidoyer pour l’effectivité des droits des femmes, l’information et la communication sur les potentiels de la femme, quelles sont les réalisations de Femin-in qui constituent aujourd’hui une fierté pour vous ? 

La clinique juridique et psychologique qui accompagne de façon gratuite les filles et femmes victimes de VBG. Nous leur apportons un appui juridique et une assistance judiciaire pour qu’elles puissent obtenir réparation. La deuxième fierté pour nous est la mise en place de l’incubateur politique qui aujourd’hui est fonctionnel.

Qu’est ce qui suscite tant de fierté pour cet incubateur ? 

L’incubateur politique est une fierté pour nous parce que d’abord c’est la principale raison qui a conduit à la mise en place du mouvement. « Les décisions qui sont prises sans nous pour nous, sont prises contre nous ». Nous ne voulons plus être absentes des sphères décisionnelles, nous voulons avoir notre mot à dire dans l’élaboration des politiques publiques et dans leur mise en œuvre. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous mettons en œuvre une série d’activités de conduite de plaidoyer de prise en compte des besoins spécifiques dans la programmation des politiques sanitaires grâce à l’initiative Voix Essentielles de Speak Up Africa.

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ? 

La première ambition est de positionner le Mouvement Citoyen FEMIN-IN comme une organisation de la société civile qui travaille avec les communautés et pour elles. L’autre ambition c’est de participer à la mise en lumière d’une nouvelle génération de femmes et filles politiques. Enfin, nous voulons contribuer à l’émergence d’un mouvement féministe burkinabè.

Quel est votre message à l’endroit de la jeunesse qui comme vous a soif de changement social qualitatif ?

Pour un réel changement social, il est impératif de compter sur les femmes et avec elles. Parce qu’aucune nation ne se développera de façon durable sans une justice sociale équitable.

Entretien réalisé par Harouna Drabo,

Journaliste participant à l’initiative « Des lignes pour un impact » de Speak Up Africa.

REJOIGNEZ LA CONVERSATION : Burkina Faso ; Côte d’Ivoire ; Sénégal

Le 11 octobre dernier, nous avons célébré la Journée internationale de la fille, une journée visant à évoquer les défis auxquels font face les filles et encourager leur autonomisation. Cette année, le thème de cette journée portait sur « Génération numérique, Notre génération », un thème d’autant plus parlant dans le contexte de la COVID-19. 

Il est  important de soutenir les jeunes filles afin de leur permettre de réaliser leur plein potentiel et de prendre leurs propres décisions quant à leur avenir car les inégalités entre les femmes et les hommes démarrent dès le plus jeune âge. En effet, et alors que les femmes sont le moteur du développement économique en Afrique, il est estimé qu’il faudra 121,7 ans pour réduire les écarts en Afrique subsaharienne.

Encore aujourd’hui, il existe des inégalités d’accès aux services de santé pour les jeunes filles et femmes liées à des facteurs culturels, sociaux et économiques et notamment dans les pays en développement : elles disposent de revenus plus faibles, dépendent d’un membre de leur famille, ont des charges familiales lourdes, n’ont pas accès à l’éducation ou encore souffrent de discrimination. Nous savons aussi que ces inégalités perdurent toutes leurs vies. Plus jeunes, on ne leur prête pas la même attention qu’aux garçons lorsqu’elles souffrent de maladies infantiles. Et lorsqu’elles sont adolescentes et en âge de procréer, elles n’ont pas des conseils et soins gynécologiques adaptés. Il est à noter que outre la mortalité maternelle, les mutilations génitales et les maladies sexuellement transmissibles, les femmes âgées de 15 à 49 ans sont en effet plus touchées par le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Ces nombreux obstacles les empêchent d’être présentes à l’école ou au travail et donc d’être pleinement autonomes, alors qu’en parallèle, elles contribuent fortement au secteur de la santé, représentant 70% des effectifs des agents de santé communautaire au niveau mondial. 

L’éducation est un socle vital pour ces jeunes filles afin qu’elles puissent acquérir les connaissances nécessaires pour  participer par la suite aux processus d’élaboration des politiques et réduire les pesanteurs socioculturelles qui les suivent tout au long de leur vie.

Pour le Professeur Ndioro Ndiaye, Coordonnatrice du Réseau Francophone pour l’Égalité Femme-Homme et Présidente du Comité consultatif de  Voix EssentiELLES,  il est primordial de mettre en avant les femmes dans les espaces de prise de décision : « Alors que nous célébrons la Journée internationale de la fille, j’appelle à une plus grande représentation dans les systèmes politiques, et à ce que davantage de femmes s’impliquent dans la politique de proximité. » s’est-elle ainsi exprimée dans une tribune pour Face 2 Face Africa. Les femmes sont aussi les mieux placées pour élaborer des politiques qui permettront de répondre précisément aux problématiques qu’elles vivent au quotidien.  En effet, « les capacités des femmes à faire entendre leurs voix, à prendre des décisions, et à assumer leur leadership sont essentielles pour leur autonomisation. » a-t-elle précisé pour la BBC Afrique, dans une émission diffusée à l’occasion de la Journée.

L’initiative Voix EssentiELLES, lancée en juillet dernier par Speak Up Africa et cofinancée par le Fonds mondial et la Fondation CHANEL, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, répond précisément à ces enjeux. Elle vise à soutenir et renforcer les capacités des organisations de femmes et jeunes filles afin qu’elles participent à l’élaboration de politiques de santé qui affectent leur santé et leur bien-être. Dans le cadre de Voix EssentiELLES, un fonds dédié a été mis en place et un soutien technique leur sera apporté à travers l’Université de l’ExcELLEnce afin de leur faire bénéficier de compétences organisationnelles, en leadership, plaidoyer et communication dans les trois pays.

Maelle Ba, Responsable de la Communication Stratégique chez Speak Up Africa est revenue en détail sur l’initiative pour Telesud.

« Je suis très heureuse de voir que Voix EssentiELLEs entend favoriser l’émergence des micro-organisations qui sont bien nombreuses au Burkina Faso et malheureusement manquent d’opportunité de financement pour mieux agir. Cette initiative marque une révolution dans le processus de mise en œuvre des programmes de développement en santé au Burkina Faso. »

Stevie Reine Yameogo, Vice-présidente du Réseau des Jeunes Ambassadeurs pour la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale au Burkina (JASR-PF/Burkina).

La thématique du genre est indissociable de l’amélioration des conditions de santé des populations et elle doit être intégrée pour répondre précisément aux besoins des jeunes filles et femmes.

Toujours à l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille, et afin de catalyser davantage d’attention et d’investissements sur l’impact du paludisme sur les jeunes filles et femmes, le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, le Fonds mondial, Speak Up Africa et ONU Femmes ont organisé un événement virtuel sur le thème «  Faire avancer l’égalité du genre pour en finir avec le paludisme ».

« Pendant trop longtemps la lutte contre le paludisme n’a pas tenu compte du genre. Il est temps de s’attaquer au poids caché que représente le paludisme pour les femmes et les filles. »

Ellen Johnson Sirleaf, co-Présidente du Conseil mondial pour mettre fin au paludisme, ancienne Présidente du Libéria et Fondatrice du Presidential Center for Women Leaders and Development.

Le paludisme présente de nombreuses conséquences pour des millions de femmes et les jeunes filles que ce soit en termes d’accès aux soins de santé, à l’école et à l’emploi. Ce fléau pèse notamment sur les femmes enceintes car il entraîne pendant la grossesse près de 10 % des décès maternels, 11 % des décès de nouveau-nés et 20 % des mortinaissances en Afrique subsaharienne. Les femmes sont à l’avant-garde de la lutte contre le paludisme, que ce soit dans les services de santé en tant qu’agents de santé, dans la sphère publique en tant que leaders communautaires ou à la maison en prenant soin des membres de leurs familles. Afin de leur permettre une meilleure gestion de la maladie, « Il faut d’abord renforcer leurs capacités et les mettre au-devant de scène en les aidant, en les soutenant moralement, physiquement et financièrement. » souligne Fatimata Sy, Présidente de l’Association Sénégalaise pour le Futur de la Femme et de l’Enfant dans le cadre d’une vidéo diffusée lors de l’événement et au sujet de l’initiative Voix EssentiELLES.

Cependant, la marche vers l’égalité des genres ne pourra se faire que si les garçons et les hommes sont intégrés.

La notion de masculinité positive doit être largement promue afin de leur permettre d’être des alliés dans cette lutte. Dans des espaces à dominante masculine, leur prise de position et leur engagement permettraient de faire changer les comportements, lutter contre les préjugés et redéfinir les rapports sociaux entre les hommes et les femmes.

La voix collective des femmes, lorsqu’elle est stratégiquement orientée, est essentielle à leur capacité à négocier un changement transformateur. La viabilité et la durabilité de cette voix collective dépendent des capacités de mobilisation des femmes pour une action stratégique et la formation de coalitions. À cet effet, le 1er juillet dernier, Speak Up Africa a lancé l’initiative « Voix EssentiELLES », financée par le Fonds mondial et la Fondation CHANEL, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal et afin de renforcer les organisations communautaires de femmes et de filles en investissant dans leurs capacités et leur leadership.

Dans le cadre de l’initiative, Speak Up Africa a regroupé à Abidjan, le 28 septembre,  les  parties prenantes œuvrant dans le secteur de la santé, des femmes, des filles et des jeunes afin d’échanger sur les différents défis et actions que l’initiative Voix EssentiELLES pourrait susciter à l’échelle nationale pour répondre aux inégalités de genre.

Plus spécifiquement, cette rencontre visait à (1) présenter le programme et la stratégie Voix EssentiELLES aux décideurs et acteurs nationaux, actifs dans le domaine de la santé publique, (2), inscrire le Programme Voix EssentiElles dans le calendrier des actions locales en matière de santé et genre et enfin (3) faciliter la mise en œuvre des actions à venir de l’initiative Voix EssentiELLES. 

« Le rôle des femmes au sein de nos sociétés africaines est indéniable et elles doivent être mise en avant pour pouvoir revendiquer les droits qui les concernent directement ! Il est primordial d’accompagner les organisations de femmes et de filles, financièrement et techniquement, afin d’accroître leur leadership et leur implication au sein des espaces de prises de décisions. Ce n’est que comme cela, c’est-à-dire tous et toutes ensemble, que l’on fera progresser concrètement l’égalité des genres. »

Yacine Djibo, Directrice exécutive de Speak Up Africa.

Créer des synergies entre acteurs est primordial pour que les femmes puissent prendre part aux espaces de décisions et que des politiques efficaces soient appliquées face aux problèmes de santé représentant toujours un obstacle pour les femmes et les filles. En effet, des solutions sont prises les concernant, sans qu’elles ne soient présentes, alors qu’elles sont les mieux à même de savoir ce qui leur correspond.

« Rien pour nous, sans nous. »

M. Djely Arthur Attea, Directeur exécutif de l’organisation Anonyme Côte d’Ivoire.

Les femmes contribuent de manière substantielle à l’économie du continent africain. Qu’elles soient agricultrices ou entrepreneuses, ces femmes sont plus actives économiquement que les femmes de toutes les autres régions du monde. Néanmoins, elles demeurent les plus vulnérables, notamment dans ce contexte de pandémie, aux niveaux socio-économique et sanitaire. Une attention particulière doit ainsi être portée à leurs besoins afin de pouvoir les soutenir face à ces conséquences.

« Je salue l’initiative Voix EssentiELLES, dont la philosophie correspond à la recherche de solutions pérennes auxquelles nous, femmes de Dabou, voulons participer pour nous sortir de cette pauvreté rampante. »

Mme Colombe Tohbi, Présidente de l’AFUG2 (Dabou)

L’initiative Voix EssentiELLES mettra en place un fonds dédié offrant un soutien financier et un appui technique dispensé à travers l’Université de l’ExcELLEnce, sous la forme d’un programme de formation personnalisé destinés aux femmes vivant dans ces trois pays. Cette Université vise à renforcer leurs compétences organisationnelles, leurs capacités de plaidoyer, communication et leadership. Des modules de formation leur seront fournis, tout en étant adaptés aux besoins de chaque organisation sélectionnée, en fonction de l’évaluation des capacités et du contexte spécifique à chaque pays.


À propos de Speak Up Africa

Basée à Dakar, au Sénégal, Speak Up Africa est une organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer dédiée à catalyser le leadership africain, favoriser les changements de politiques et renforcer la sensibilisation autour du développement durable en Afrique. En maintenant l’amélioration de la santé publique au cœur de notre action, nous soutenons la réalisation des ODD 1 à 6, qui visent notamment à la transformation des sociétés africaines et à ce que chaque homme, femme et enfant soient en mesure de vivre une vie longue et saine.

Pour en savoir plus :

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À propos du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Le Fonds mondial est un partenariat conçu pour mettre plus rapidement un terme aux épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme. En tant qu’organisation internationale, il mobilise et investit plus de 4 milliards de dollars US chaque année à l’appui de programmes dirigés par des spécialistes locaux dans plus de 100 pays. En partenariat avec les autorités publiques, la société civile, les institutions techniques, le secteur privé et les personnes touchées par les maladies, nous nous attaquons aux obstacles et nous encourageons l’innovation.

La voix collective des femmes, lorsqu’elle est stratégiquement orientée, est essentielle à leur capacité à négocier un changement transformateur. La viabilité et la durabilité de cette voix collective dépendent des capacités de mobilisation des femmes pour une action stratégique et la formation de coalitions. À cet effet, le 1er juillet dernier, Speak Up Africa a lancé l’initiative « Voix EssentiELLES », financée par le Fonds mondial et la Fondation CHANEL, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal et afin de renforcer les organisations communautaires de femmes et de filles en investissant dans leurs capacités et leur leadership.

Dans le cadre de l’initiative, Speak Up Africa a regroupé à Ouagadougou, le 21 septembre,  les  parties prenantes œuvrant dans le secteur de la santé, des femmes, des filles et des jeunes afin d’échanger sur les différents défis et actions que l’initiative Voix EssentiELLES pourrait susciter à l’échelle nationale pour répondre aux inégalités de genre.

Plus spécifiquement, cette rencontre visait à (1) présenter le programme et la stratégie Voix EssentiELLES aux décideurs et acteurs nationaux, actifs dans le domaine de la santé publique, (2), inscrire le Programme Voix EssentiElles dans le calendrier des actions locales en matière de santé et genre et enfin (3) faciliter la mise en œuvre des actions à venir de l’initiative Voix EssentiELLES. 

« Nous savons qu’il existe un nombre important d’organisation de femmes et de filles qui œuvrent avec, pour et auprès des communautés tous les jours. Ces organisations, souvent méconnues et peu considérées, par les instances décisionnaires à l’échelle nationale, sont pourtant les mieux placées pour répondre aux défis les plus criants et les plus pressants en matière d’égalité des genres. Pour les relever, nous devons renforcer leurs capacités mais également leurs opportunités que ce soit en matière de financement ou de représentation. »

Yacine Djibo, Directrice exécutive de Speak Up Africa

Créer des synergies entre acteurs est primordial pour que les femmes puissent prendre part aux espaces de décisions et que des politiques efficaces soient appliquées face aux problèmes de santé représentant toujours un obstacle pour les femmes et les filles. 

« Je suis très heureuse de voir que Voix essentielle entend favoriser l’émergence des micros organisations qui sont bien nombreuses au Burkina Faso et malheureusement manque d’opportunité de financement pour mieux agir. Cette initiative marque une révolution dans le processus de mise en œuvre des programmes de développement en santé au Burkina Faso.  En effet, les  micros organisations à base communautaire, notamment celles dirigés par des jeunes et des femmes constituent une force de proposition, de redistribution d’actions pertinentes et durables faiblement prisent en compte dans le processus d’élaboration des politiques de santé.   Nous pensons qu’à terme, le projet Voix essentielles permettra d’atteindre  la démocratie sanitaire que nous convoitant tant. »

Stevie Reine Yameogo, Vice-présidente du Réseau des Jeunes Ambassadeurs pour la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale au Burkina (JASR-PF/Burkina).

Les femmes contribuent de manière substantielle à l’économie du continent africain. Qu’elles soient agricultrices ou entrepreneuses, ces femmes sont plus actives économiquement que les femmes de toutes les autres régions du monde. Toutefois, à travers les âges, ces mêmes femmes ont été systématiquement exclues des espaces de prise de décision et des programmes qui affectent leur santé et leur bien-être.

Force est de constater que les hommes ne sont pas à exclure de la promotion de l’égalité des genres car ils ont leur rôle à jouer dans l’autonomisation des femmes, notamment au sujet de leur santé.

« L’approche d’intégration et de capacitation des organisations locales depuis la base est une belle initiative. Si cette  dynamique Voix EssentiELLEs est maintenue  je suis convaincue que le projet contribuera à promouvoir  une réelle capacité d’agir et de revendications par les femmes de leurs droits en santé. »

W. Cécile Thiombiano Yougbare, Juriste, Analyste des Politiques de Populations et Santé.

L’initiative Voix EssentiELLES mettra en place un fonds dédié offrant un soutien financier et un appui technique dispensé à travers l’Université de l’ExcELLEnce, sous la forme d’un programme de formation personnalisé destinés aux femmes vivant dans ces trois pays. Cette Université vise à renforcer leurs compétences organisationnelles, leurs capacités de plaidoyer, communication et leadership. Des modules de formation leur seront fournis, tout en étant adaptés aux besoins de chaque organisation sélectionnée, en fonction de l’évaluation des capacités et du contexte spécifique à chaque pays.


À propos de Speak Up Africa

Basée à Dakar, au Sénégal, Speak Up Africa est une organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer dédiée à catalyser le leadership africain, favoriser les changements de politiques et renforcer la sensibilisation autour du développement durable en Afrique. En maintenant l’amélioration de la santé publique au cœur de notre action, nous soutenons la réalisation des ODD 1 à 6, qui visent notamment à la transformation des sociétés africaines et à ce que chaque homme, femme et enfant soient en mesure de vivre une vie longue et saine.

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À propos du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Le Fonds mondial est un partenariat conçu pour mettre plus rapidement un terme aux épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme. En tant qu’organisation internationale, il mobilise et investit plus de 4 milliards de dollars US chaque année à l’appui de programmes dirigés par des spécialistes locaux dans plus de 100 pays. En partenariat avec les autorités publiques, la société civile, les institutions techniques, le secteur privé et les personnes touchées par les maladies, nous nous attaquons aux obstacles et nous encourageons l’innovation.

La voix collective des femmes, lorsqu’elle est stratégiquement orientée, est essentielle à leur capacité à négocier un changement transformateur. La viabilité et la durabilité de cette voix collective dépendent des capacités de mobilisation des femmes pour une action stratégique et la formation de coalitions. À cet effet, le 1er juillet dernier, Speak Up Africa a lancé l’initiative « Voix EssentiELLES », financée par le Fonds mondial et la Fondation CHANEL, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal et afin de renforcer les organisations communautaires de femmes et de filles en investissant dans leurs capacités et leur leadership.

Dans le cadre de l’initiative, Speak Up Africa a regroupé à Dakar, le 14 septembre,  les  parties prenantes œuvrant dans le secteur de la santé, des femmes, des filles et des jeunes afin d’échanger sur les différents défis et actions que l’initiative Voix EssentiELLES pourrait susciter à l’échelle nationale pour répondre aux inégalités de genre. Plus spécifiquement, cette rencontre visait à (1) présenter le programme et la stratégie Voix EssentiELLES aux décideurs et acteurs nationaux, actifs dans le domaine de la santé publique, (2), inscrire le Programme Voix EssentiElles dans le calendrier des actions locales en matière de santé et genre et enfin (3) faciliter la mise en œuvre des actions à venir de l’initiative Voix EssentiELLES. 

« Par le biais de ces collaborations, nous pouvons concevoir des actions communes significatives et à fort impact dans le domaine de la santé publique afin de permettre aux femmes et jeunes filles d’avoir accès à des systèmes de santé de qualité. Les problématiques de genre et d’accès aux services de santé ne peuvent être dissociées. L’implication des communautés est d’autant plus indispensable que notre objectif final est de leur apporter des solutions répondant précisément à leurs besoins. »

Yacine Djibo,
Directrice exécutive de Speak Up Africa. 

Créer des synergies entre acteurs est primordial pour que les femmes puissent prendre part aux espaces de décisions et que des politiques efficaces soient appliquées face aux problèmes de santé représentant toujours un obstacle pour les femmes et les filles. 

« L’égalité des femmes et des hommes ne s’incarne dans la réalité que lorsque les femmes accèdent à l’autonomie économique. Et cette autonomie des femmes passe par l’accès à l’éducation. Il s’agit là d’un passage obligé, d’une condition nécessaire, encore que non suffisante. Voix EssentiELLES est une initiative qui arrive à point nommé et que je suis ravie de soutenir pour améliorer les conditions de vie de nos populations en Afrique de l’Ouest. »

Pr. Ndioro Ndiaye
Coordonnatrice du Réseau francophone pour l’égalité femme-homme de l’Organisation Internationale de la Francophonie

Les femmes contribuent de manière substantielle à l’économie du continent africain. Qu’elles soient agricultrices ou entrepreneuses, ces femmes sont plus actives économiquement que les femmes de toutes les autres régions du monde. Toutefois, à travers les âges, ces mêmes femmes ont été systématiquement exclues des espaces de prise de décision et des programmes qui affectent leur santé et leur bien-être.

Force est de constater que les hommes ne sont pas à exclure de la promotion de l’égalité des genres car ils ont leur rôle à jouer dans l’autonomisation des femmes, notamment au sujet de leur santé.

« Nous sommes conscients des inégalités auxquelles nous faisons face dans notre pays et l’accès des femmes aux instances de décision reste difficile. L’initiative Voix EssentiELLES a vu le jour pour apporter sa contribution à cette lutte contre les inégalités afin de permettre aux femmes et aux filles de vivre dans un bien-être et un développement durable. Sachant que l’accès aux soins est intrinsèquement lié aux déterminants sociaux de la santé, nous devons établir un dialogue multisectoriel ouvert sur les questions de genre pour avoir un impact sur le long terme. »

Mme Ndèye Mingué Ndiaye Gacko
Coordonnatrice de la Cellule Genre du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale. 

L’initiative Voix EssentiELLES mettra en place un fonds dédié offrant un soutien financier et un appui technique dispensé à travers l’Université de l’ExcELLEnce, sous la forme d’un programme de formation personnalisé destinés aux femmes vivant dans ces trois pays. Cette Université vise à renforcer leurs compétences organisationnelles, leurs capacités de plaidoyer, communication et leadership. Des modules de formation leur seront fournis, tout en étant adaptés aux besoins de chaque organisation sélectionnée, en fonction de l’évaluation des capacités et du contexte spécifique à chaque pays.


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Basée à Dakar, au Sénégal, Speak Up Africa est une organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer dédiée à catalyser le leadership africain, favoriser les changements de politiques et renforcer la sensibilisation autour du développement durable en Afrique. En maintenant l’amélioration de la santé publique au cœur de notre action, nous soutenons la réalisation des ODD 1 à 6, qui visent notamment à la transformation des sociétés africaines et à ce que chaque homme, femme et enfant soient en mesure de vivre une vie longue et saine.

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À propos du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Le Fonds mondial est un partenariat conçu pour mettre plus rapidement un terme aux épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme. En tant qu’organisation internationale, il mobilise et investit plus de 4 milliards de dollars US chaque année à l’appui de programmes dirigés par des spécialistes locaux dans plus de 100 pays. En partenariat avec les autorités publiques, la société civile, les institutions techniques, le secteur privé et les personnes touchées par les maladies, nous nous attaquons aux obstacles et nous encourageons l’innovation.